Alan

Menkyo - Ingénieur en télécommunication, il découvre l'Aïkido en 1986 et l'enseigne depuis 2009

autoportrait

Ma première expérience de l'essence de l'aïkido date de l'époque où je faisais du théâtre. Chaque soir, pendant la semaine de représentation d'une pièce de Shakespeare, je me débattais en me faisant écraser par terre. A la toute dernière représentation, au lieu de m'y opposer pour faire plus " vrai " comme les soirs précédents, j'ai accompagné le geste qui m'écrasait. J'ai ressenti à cet instant un des ces moments magiques sur scène quand il y a une harmonie totale avec ce qui se passe et où spectateurs et acteurs font un.
Depuis, j'ai laissé le théâtre derrière moi, ainsi qu'une rencontre toute aussi fructueuse avec la philosophie chinoise à travers la médecine chinoise et les QI GONG (travail de l'énergie). Je me suis consacré à l'aïkido.

Mes débuts, avec Serge Scotti, m'avaient fait découvrir l'aïkido d'André Noquet, puis, et surtout, de Jean-Daniel Cauhépé. Ce dernier m'a montré que mes premières impressions où l'aïkido n'était autre que relaxation totale dans un jeu de Yin et de Yang auquel on s'investissait complètement n'étaient pas fausses, mais en même temps il m'a fait comprendre qu'il y avait la respiration, le centrage, la rectitude et la sincérité.
À cette époque j'ai fait connaissance avec Christian Laurenti qui m'a rappelé que l'Aïkido était d'abord un art martial mais que, parfois, les premières apparences sont trompeuses et que derrière la virilité se trouve un homme. De ces premiers pas dans le monde de l'aïkido je dois aussi mentionner Christian Euzet qui m'avait fait comprendre le mouvement du hara.

Suite à une courte période, un peu floue, qui a suivi, j'ai rejoint le club de Meylan et j'ai pu apprécier une vraie ouverture d'esprit, l'humilité et le respect de l'autre grâce à Fabienne. Ce sont peut être les vertus d'un vrai aïkido qu'on a tendance à sous-estimer. Accompagnée par Gérard et Bernard, chacun à sa façon, ils m'ont aidé à affiner mon art et à explorer les différentes facettes de Sumikiri.
Le moment le plus précieux pour moi reste toujours le soir où Gérard m'a dit : " puisque tu voudras enseigner l'aïkido tu n'as que commencer la première heure de cours ". Depuis trois ans je fais les cours en binôme avec Gérard. C'est un honneur pour moi et surtout un moment d'échange et de grand plaisir à travailler ensemble. J'ai pu assister pendant cette période à la transformation de l'art de Gérard à, à mon sens, une véritable maitrise de Sumikiri.

Pendant cette période j'ai aussi rencontré Aurore Chatard. Elle a su transmettre l'esprit de l'art de Jean-Daniel et expliquer en douceur tous les petits détails qui font transformer la pratique. Je retrouve avec elle mon gout initial pour des gestes relâchés mais dans la justesse.
Au final mon aïkido se fait avec tous les pratiquants que je retrouve avec plaisir sur le tatami, ceux qui ont su, au moins pendant un moment, qu'on pouvait pratiquer, échanger et progresser ensemble. Un.